Dapaong : L’innovation solaire au défi de la performance locale avec l’ANPGF

Dapaong : L’innovation solaire au défi de la performance locale avec l’ANPGF

Ce lundi 26 janvier 2026, l’ICAT de Dapaong a vibré au rythme d’une journée de démonstration technologique organisée par l’ANPGF. Au centre de toutes les attentions : une égreneuse de maïs alimentée par énergie solaire. Si l’indépendance énergétique séduit les producteurs de la région des Savanes, les échanges ont mis en lumière la nécessité d’adapter cette technologie aux réalités mécaniques locales.

Une volonté de modernisation portée par l’ANPGF

Dans le cadre de ses initiatives de soutien aux PME et PMI, l’Agence Nationale de Promotion et de Garantie de Financement (ANPGF) a mis en place le Centre de Démonstration et de Transfert de Technologie (CDTT). L’objectif est clair : permettre aux entrepreneurs et agriculteurs togolais d’améliorer leur productivité. Pour le Chef de Projet présent à Dapaong, il ne s’agit pas seulement d’importer des machines, mais de s’en inspirer pour produire localement des équipements adaptés aux besoins réels du pays, avec l’ambition, à terme, de pouvoir les exporter.

Le solaire : une réponse au coût du carburant

La machine présentée par le fabricant ESLA GROUP est une égreneuse dotée d’un moteur de 1 kW fonctionnant 1300kW/h grâce à des panneaux solaires. Pour les agriculteurs, l’avantage est immédiat. Comme le souligne l’un des premiers intervenants, cette combinaison avec les plaques solaires permet d’éliminer définitivement les dépenses liées au gasoil ou à l’essence. Un avis partagé par le Président régional des producteurs de maïs des Savanes, M. TANDAME Mardja Tampo qui voit dans cette initiative une opportunité réelle de réduire les charges d’exploitation des paysans.

Des exigences techniques pointues : le problème de la brisure

Cependant, la technologie doit encore faire ses preuves sur le plan mécanique pour convaincre totalement. Un producteur de semences, fort d’une expérience débutée en 1987, a soulevé des points critiques. Pour lui, la qualité du grain est primordiale : « Nous produisons des semences, et cette machine cause trop de brisures », a-t-il remarqué, précisant que ses machines locales de 7 kW ne cassent pas le grain. Un autre constat technique a été fait : la machine présentée perdrait des graines au niveau de la sortie des rafles, là où les modèles locaux sont jugés plus précis et plus rapides.

Vers une synergie entre solaire et savoir-faire local

Face à ces observations, un consensus s’est dégagé entre les producteurs et les responsables du projet. Plutôt que d’adopter la machine telle quelle, les agriculteurs plaident pour une adaptation. Le Président régional a suggéré la fabrication de moteurs solaires capables de s’adapter aux égreneuses locales déjà existantes, qui donnent satisfaction sur la qualité du travail.

Le Chef de Projet CDTT a accueilli ces retours avec intérêt, affirmant que l’objectif du projet est justement de créer une synergie. L’idée est désormais de faire le lien entre les techniciens internationaux et les artisans locaux pour « arrimer » l’énergie solaire aux machines qui ont déjà fait leurs preuves à Dapaong.

En somme, cette journée à l’ICAT prouve que le transfert de technologie est un dialogue. Si le soleil est sans aucun doute l’avenir de l’agriculture dans les Savanes, c’est en écoutant l’expertise des paysans et des fabricants locaux que l’ANPGF réussira son pari d’une mécanisation durable et efficace

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Utilisation des cookies
Ce site utilise des cookies pour que vous ayez la meilleure expérience utilisateur. Si vous continuez à vous parcourir sont consentants à l'acceptation des témoins précités et l'acceptation de notre politique de cookie